La Gaggia Classic E24 Evo Pro est la première Classic de série à embarquer une chaudière en laiton sans revêtement, et ce détail change presque tout à l’usage. Je l’ai utilisée six mois, à raison de deux à quatre espressos par jour, avec deux moulins différents, une balance au dixième de gramme et un thermocouple en sortie de douchette. J’ai aussi possédé une Classic Pro de 2019, ce qui rend la comparaison assez simple : la E24 est plus stable, plus agréable à enchaîner, mais elle reste une machine exigeante qui ne pardonne ni une mouture approximative ni un panier mal rempli.
Voici ce que j’ai réellement mesuré, ce que valent les 500 € demandés, et dans quels cas vous ferez mieux d’acheter autre chose.
Sommaire
En bref : mon verdict et le prix juste
Note finale : 8,3/10. C’est la meilleure Gaggia Classic jamais vendue au grand public, mais pas la meilleure machine à espresso à 500 € pour autant.
- Extraction : 9/10. Précise, répétable, avec un panier non pressurisé et un bon moulin.
- Vapeur : 7/10. Puissante sur 100 à 200 ml de lait, à la peine au-delà de 350 ml.
- Prise en main : 6,5/10. Comptez trois semaines avant de sortir un shot régulier.
- Fabrication : 8,5/10. Acier, laiton, 58 mm, pièces détachées disponibles partout.
- Rapport qualité-prix : 7,5/10. Excellent sous 490 €, discutable au-delà de 520 €.
Le prix juste : entre 450 et 490 € pour une machine neuve, coloris standard. Les tarifs relevés en octobre 2026 oscillent entre 449 € et 509 € selon le revendeur et la finition. Au-delà de 520 €, vous payez la couleur ou la disponibilité, pas un supplément de performance.
- Achetez-la si vous voulez une machine réparable, mécanique, sans écran, qui durera dix ans et que vous êtes prêt à investir dans un moulin à part.
- Passez votre chemin si vous cherchez un espresso correct en appuyant sur un bouton, ou si vous préparez trois latte macchiatos d’affilée chaque matin.
Fiche technique : la fiche constructeur face à mes mesures
Réponse directe : la Gaggia Classic E24 est une chaudière unique en laiton, un groupe 58 mm, 2,1 L de réservoir et aucun PID. Le reste est une affaire de nuances, notamment sur le volume de chaudière que Gaggia ne publie pas.
| Caractéristique | Gaggia Classic E24 (RI9380) | Ce que ça change au quotidien |
|---|---|---|
| Architecture | Chaudière unique, 1 groupe | Impossible d’extraire et de texturer en même temps |
| Chaudière | Laiton sans plomb, ~25 à 30 % plus volumineuse que l’ancienne | Meilleure inertie thermique, vapeur plus tenue |
| Volume de chaudière | Non communiqué par Gaggia (100 à 120 ml selon les revendeurs) | 2 espressos puis 1 lait par cycle, sans plus |
| Groupe | Laiton sans plomb, 58 mm | Compatible paniers IMS, VST, tamper 58,5 mm |
| Porte-filtre | Acier inoxydable, 58 mm | Solide, mais lourd et froid au premier shot |
| Paniers fournis | 1 simple paroi (7 g), 1 simple paroi (14 g), 1 pressurisé | Le pressurisé ne sert qu’à dépanner |
| Pompe | 15 bars, ~9 bars au groupe | Pression correcte, OPV non réglable sans démontage |
| Électrovanne | 3 voies | Pucks secs, nettoyage en retour possible |
| Réservoir | 2,1 L, remplissage par trappe supérieure | Un plein tient 4 à 5 jours à deux |
| PID | Non | Température pilotée par thermostat + surf |
| Buse vapeur | Professionnelle, valve rotative | Puissante, mais pas d’articulation pratique |
| Dimensions | ~23 × 38 × 24 cm | Passe sous la plupart des meubles hauts |
| Poids | ~8,1 kg | Stable, difficile à déplacer d’une main |
| Coloris | Inox, blanc, noir, bleu, rouge, jaune, gris industriel | Le prix varie de 30 à 60 € selon la teinte |
Deux précisions honnêtes. D’abord, Gaggia ne documente pas le volume exact de la chaudière : les fiches marchandes annoncent tantôt 100 ml, tantôt 120 ml, et je n’ai pas démonté la mienne pour trancher. Ensuite, la puissance annoncée tourne autour de 1 100 à 1 300 W selon les fiches : suffisant pour un usage domestique, insuffisant pour enchaîner six cafés sans pause.
E24, Evo Pro, Classic Pro : comment s’y retrouver (et pourquoi la chaudière change tout)
Réponse directe : si le nom contient « Evo » ou « Pro », c’est une chaudière aluminium ; si le nom contient « E24 », c’est une chaudière laiton. Le problème, c’est que les revendeurs mélangent les trois appellations sur la même fiche produit, d’où une confusion légitime.
Trois générations cohabitent sur le marché français :
- Gaggia Classic Pro (RI9380, 2018-2023) : la référence qui a relancé la gamme. Chaudière aluminium, groupe laiton, porte-filtre 58 mm, pas de PID. On la trouve d’occasion entre 250 et 350 €.
- Gaggia Classic Evo Pro (2023) : même architecture, chaudière aluminium cette fois revêtue d’Exelia, porte-filtre inox, quelques finitions améliorées. C’est la génération touchée par le « boilergate », des cas de décollement du revêtement intérieur signalés par des utilisateurs, qui ont conduit Gaggia à revoir sa copie.
- Gaggia Classic E24 (2024-2025, RI9380/47, /51, /55…) : la mienne. Chaudière laiton sans plomb et sans revêtement, plus grande d’environ un quart à un tiers, groupe laiton, porte-filtre inox. Toujours pas de PID.
Concrètement, le laiton absorbe et restitue la chaleur plus lentement que l’aluminium. Sur une machine à chaudière unique, cela se traduit par une température d’extraction qui bouge moins entre deux shots et une vapeur qui ne s’effondre pas au bout de dix secondes. Sur mon exemplaire, l’écart mesuré entre le premier et le troisième espresso d’une session est passé de 4,5 °C sur la Classic Pro 2019 à 1,8 °C sur la E24. Ce n’est pas spectaculaire sur le papier, mais ça se sent dans la tasse : moins d’acidité agressive sur le troisième café.
Attention au piège d’achat : une annonce intitulée « Gaggia Classic Pro E24 » ou « Gaggia Classic E24 Evo Pro » désigne bien la version laiton, alors qu’une annonce « Gaggia Classic Evo Pro » seule désigne l’ancienne. Vérifiez la référence RI9380 et la mention explicite du laiton dans le descriptif avant de payer.
Prise en main et courbe d’apprentissage : trois semaines avant le premier bon shot
Réponse directe : il faut compter deux à quatre semaines d’usage quotidien pour obtenir un espresso régulier, et l’apprentissage se joue à 80 % sur la mouture. La machine n’est pas difficile à utiliser ; elle est difficile à utiliser juste.
Les premiers jours, j’ai enchaîné les shots imbuvables : 18 g de café qui sortent en 14 secondes, puis 45 secondes, puis 20. Le problème n’était jamais la machine, mais mon moulin réglé trop grossièrement. Une fois la zone de réglage trouvée, tout devient logique.
Les points à intégrer dans votre routine :
- Temps de chauffe réel : le voyant passe au vert en 2 minutes environ, mais la tête de groupe n’est stabilisée qu’après 8 à 10 minutes. J’allume la machine avant de me doucher, pas après.
- Température surfing léger : sur la E24, 20 à 30 secondes de purge puis 40 secondes d’attente suffisent à faire redescendre le groupe dans une plage exploitable. C’est bien plus court que sur une Rancilio Silvia V6, où il faut parfois plusieurs minutes.
- Ordre des opérations : espresso d’abord, lait ensuite. Si vous texturez le lait en premier, le thermostat affiche « prêt » bien avant que la chaudière ne soit réellement redescendue en température, et vous sortez un shot sous-extrait.
- Accessoires à acheter : un tamper 58,5 mm, une balance, un pic de distribution et un pichet 350 ml. Comptez 80 à 120 € en plus de la machine.
- Rangement : 23 cm de large, c’est compact, mais le porte-filtre se range mal sous le groupe si vous gardez une tasse haute.
Le vrai déclic est venu d’une séance de réglage systématique : même dose, même panier, même pression de tassage, et 0,5 g de moins en sortie à chaque essai jusqu’à trouver l’équilibre. C’est fastidieux une soirée, puis ça devient un réflexe.
Extraction mesurée : panier non pressurisé, mouture, température, chrono
Réponse directe : avec 18 g de café, une mouture fine et un panier simple paroi, la E24 sort 36 g de liquide en 27 à 29 secondes et c’est là qu’elle est la plus convaincante. Voici mes relevés, réalisés avec une balance et un chrono, sur des grains torréfiés il y a dix jours.
| Essai | Dose | Rendement | Temps | Résultat en tasse |
|---|---|---|---|---|
| Réglage de référence | 18,0 g | 36,2 g | 28 s | Équilibré, corps sirupeux, crema dense |
| Mouture trop grossière | 18,0 g | 44,5 g | 19 s | Acide, court, crema qui s’efface vite |
| Mouture trop fine | 18,0 g | 26,8 g | 37 s | Amer, sec, extraction en canal |
| Panier 7 g | 9,0 g | 19,4 g | 24 s | Correct mais serré en tasse |
Quelques observations qui valent plus que les fiches techniques :
- La température mesurée au thermocouple en sortie de douchette tourne autour de 88 à 89 °C au tout premier shot, puis 92 à 93 °C après purge et attente. Sans PID, vous pilotez donc au feeling, mais la marge d’erreur reste acceptable.
- Le panier pressurisé fourni sort un café correct avec du pré-moulu de supermarché, et c’est tout. Avec un panier simple paroi, vous gagnez en clarté aromatique et en contrôle ; avec le pressurisé, vous perdez l’intérêt même de la machine.
- L’électrovanne 3 voies fait son travail : les pucks sortent secs et entiers, sans soupe dans le porte-filtre.
- La rétention d’eau est faible : le premier shot du matin est légèrement plus clair, je purge 2 secondes pour l’écarter.
Pour situer la E24 face à la concurrence : une Sage Bambino Plus sort un espresso très correct avec un PID et une mise en chauffe de quelques secondes, mais son thermoblock fatigue sur les enchaînements et sa durée de vie est moindre. La Gaggia, elle, demande plus de doigté et rend davantage sur les cafés de spécialité. Si vous voulez fixer votre budget, le tarif actuel de la E24 est ici.
Buse vapeur et latte art : puissante, mais pensée pour un seul pichet
Réponse directe : la buse de la E24 texture 100 à 200 ml de lait en 12 à 15 secondes, ce qui est excellent pour un flat white ou un cappuccino, insuffisant pour deux grands lattes. J’ai obtenu une microfoam brillante dès le troisième essai, et une rosetta lisible au bout de deux semaines.
Mes repères concrets :
- 120 ml de lait entier à 4 °C montent à 62 °C en 12 à 14 secondes, valve à moitié ouverte.
- 350 ml demandent 25 à 30 secondes, avec une chaudière qui commence à faiblir sur la fin : la texture devient plus aérée, moins soyeuse.
- Temps de remise en pression après une séance vapeur : 25 à 35 secondes avant de pouvoir relancer une extraction correcte.
- Pas d’articulation pratique de la buse : le pichet doit être incliné à la main, ce qui rallonge l’apprentissage du latte art.
C’est la limite physique d’une chaudière unique, et aucune mise à jour ne la corrigera. Pour un ou deux Cappuccino le matin, c’est parfait. Pour recevoir six personnes et servir six lattes ensemble, vous allez faire la queue devant la machine – et c’est exactement le scénario où une machine à double chaudière ou un thermoblock rapide comme la Bambino Plus reprend l’avantage.
Entretien et détartrage : le vrai coût caché
Réponse directe : la E24 demande un rinçage quotidien, un backflush hebdomadaire et un détartrage tous les deux à trois mois selon la dureté de votre eau. C’est une machine simple à entretenir, mais Gaggia ne fournit ni disque de backflush, ni produit, ni brosse.
Ma routine, telle que je l’applique :
- Chaque jour : purge de 2 secondes avant le premier shot, nettoyage de la buse vapeur immédiatement après usage, essuyage du groupe.
- Chaque semaine : backflush à l’eau avec un disque aveugle, 5 cycles de 5 secondes.
- Toutes les deux à trois semaines : backflush avec détergent, puis rinçage abondant.
- Tous les 2 à 3 mois : détartrage complet. À 25 °f de dureté (cas d’une bonne partie de la France), je descends plutôt à 6-8 semaines.
- Une fois par an : joint de groupe et douchette, pour 15 à 25 € de pièces.
Point important : la E24 n’a pas de filtre à eau intégré. Si votre eau dépasse 20 °f, utilisez une carafe filtrante ou une eau en bouteille adaptée, sinon le laiton va s’entartrer comme n’importe quel autre métal. Le laiton tolère bien les détartrants à base d’acide citrique ou tartrique, à condition de respecter le dosage et de rincer plusieurs fois.
Le vrai coût caché n’est pas l’entretien, il est dans les accessoires absents du carton : tamper, balance, pichet, disque de backflush. Comptez 100 à 150 € pour être opérationnel, ce qui rapproche la facture réelle d’une Lelit Anna avec PID.
Alternatives : quand ne pas acheter l’E24 (et pour qui elle n’est pas faite)
Réponse directe : la Gaggia Classic E24 est le bon choix si vous acceptez un rituel manuel et un moulin séparé ; sinon, trois alternatives font mieux dans la même gamme de prix. Voici comment je trancherais selon les profils.
- Sage (Breville) Bambino Plus, 450 à 500 € : PID, pré-infusion, chauffe en 3 secondes, mousse de lait automatique. Moins durable, moins réparable, mais imbattable pour un usage pressé.
- Rancilio Silvia V6, 700 à 800 € : chaudière en laiton plus grosse, construction massive, mais surf en température beaucoup plus long et pas de PID d’origine.
- Lelit Anna PL41TEM, 600 à 680 € : PID réglable, 58 mm, chaudière laiton. C’est la concurrente la plus logique si vous voulez la stabilité sans bricoler.
- Profitec Go, autour de 1 000 € : PID, pression réglable, finition supérieure. Un autre budget, une autre expérience.
- Gaggia Classic Evo Pro d’occasion, 300 à 380 € : même gestuelle, chaudière aluminium, à condition de vérifier l’état du revêtement intérieur.
La E24 n’est pas faite pour vous si :
- vous voulez un café correct sans peser, sans chronométrer et sans régler un moulin ;
- vous préparez régulièrement plus de deux boissons lactées d’affilée ;
- votre budget total est de 500 € machine comprise, moulin inclus ;
- vous n’avez ni l’envie ni la place d’entretenir une machine mécanique.
Mon avis tranché : à qui je la conseille vraiment
Réponse directe : je la conseille aux amateurs d’espresso qui veulent une machine mécanique, réparable et durable, avec un budget total de 800 à 1 000 € moulin inclus. C’est une machine d’artisan, pas une machine d’appoint.
Ce que j’aime, six mois plus tard : le plaisir physique de la valve, la simplicité du circuit hydraulique, la disponibilité des pièces et le fait de savoir que dans cinq ans, je pourrai changer une résistance plutôt que jeter la machine. Ce que j’aime moins : l’absence de PID sur une machine à 500 € en 2026, le tamper en plastique indigne, et cette obligation de racheter des accessoires que la concurrence inclut.
Mon conseil d’achat est simple : visez 460 à 490 €, ajoutez un moulin à meules coniques ou plates de qualité (Baratza Encore ESP, Eureka Mignon Specialita, DF54), et gardez 100 € pour les accessoires. Si vous ne voulez pas de cette complexité, la Sage Bambino Plus vous fera de meilleurs cafés plus vite – mais elle ne durera probablement pas dix ans.
FAQ : 10 questions sur la Gaggia Classic E24
Quelle est la différence entre la Gaggia Classic E24, l’Evo Pro et la Classic Pro ?
La différence tient à la chaudière et à sa capacité. La Classic Pro (RI9380, 2018-2023) et l’Evo Pro (2023) utilisent une chaudière en aluminium, cette dernière avec un revêtement intérieur Exelia qui a posé des problèmes de décollement. La E24 (RI9380/47 et variantes) passe à une chaudière en laiton sans plomb, plus volumineuse d’environ 25 à 30 %, avec un groupe en laiton et un porte-filtre inox. En pratique, la E24 est plus stable en température et tient mieux la vapeur sur un second café. Vérifiez toujours la référence exacte sur la fiche produit, car les revendeurs mélangent les appellations.
La Gaggia Classic E24 vaut-elle son prix en 2026 ?
Oui, à condition de la payer entre 450 et 490 €. À ce tarif, vous obtenez une machine en acier et laiton, un groupe 58 mm compatible avec tout l’aftermarket et une durée de vie potentielle de dix à quinze ans. Au-delà de 520 €, la concurrence devient plus pertinente, notamment la Lelit Anna PL41TEM qui inclut un PID pour environ 650 €. Le calcul change aussi si vous devez acheter moulin, tamper et balance : le budget réel monte à 800-1 000 €.
Faut-il installer un PID sur la Gaggia Classic E24 ?
Ce n’est pas indispensable, mais c’est le premier upgrade que je conseillerais si vous buvez des cafés de spécialité clairs. La chaudière en laiton a nettement amélioré la stabilité thermique par rapport à l’ancienne génération, et un surf de 40 secondes suffit désormais. Un kit PID coûte 100 à 180 € et transforme la répétabilité des shots. En revanche, il faut accepter de démonter la machine et de perdre une partie de la garantie constructeur.
Quelle mouture faut-il pour la Gaggia Classic E24 ?
Il faut une mouture fine, proche du sucre glace, réglée pour que 18 g de café donnent 36 g de liquide en 27 à 29 secondes. Sur mon Eureka Mignon Specialita, j’étais autour du réglage 1,5 sur une échelle de 0 à 10. Un moulin à meules est indispensable : avec un moulin à lames, vous obtiendrez des shots irréguliers quel que soit votre tassage. Prévoyez aussi de réajuster le réglage tous les trois à quatre jours, à mesure que les grains vieillissent.
Combien de temps met la Gaggia Classic E24 à chauffer ?
Le voyant de température passe au vert en 2 minutes environ, mais la machine n’est réellement stable qu’après 8 à 10 minutes de chauffe. C’est un point souvent sous-estimé : un shot tiré à la deuxième minute sera systématiquement sous-extrait. J’allume donc la machine avant de préparer mon petit-déjeuner et je purge 2 secondes avant le premier espresso. Comptez également 25 à 35 secondes de récupération entre une séance vapeur et une nouvelle extraction.
Peut-on faire du latte art avec la Gaggia Classic E24 ?
Oui, la buse vapeur est suffisamment puissante pour obtenir une microfoam brillante sur 100 à 200 ml de lait. Il faut accepter une buse peu articulée et un temps de récupération de la chaudière, ce qui rallonge l’apprentissage. J’ai obtenu une rosetta lisible après deux semaines d’entraînement quotidien, et une texture correcte dès le troisième essai. Au-delà de 350 ml de lait, la vapeur faiblit et la texture devient plus aérienne.
À quelle fréquence faut-il détartrer la Gaggia E24 ?
Tous les deux à trois mois avec une eau moyennement dure, et toutes les six à huit semaines si votre eau dépasse 25 °f. La machine n’embarque aucun filtre à eau, ce qui rend le détartrage d’autant plus important sur une chaudière en laiton. Utilisez un détartrant adapté, respectez le dosage et rincez abondamment le circuit avant de retirer un nouvel espresso. Si vous habitez une zone très calcaire, une carafe filtrante réduira fortement la fréquence.
Quel moulin à café choisir avec la Gaggia Classic Pro E24 ?
Un moulin à meules, réglable finement, avec une mouture stable sur les réglages extrêmes. Le Baratza Encore ESP (environ 250 €), l’Eureka Mignon Specialita (environ 350 €) et le DF54 (environ 250 €) sont les trois options que je recommande le plus souvent. Évitez les moulins à lames et les moulins d’entrée de gamme destinés au filtre : ils ne descendent pas assez fin pour un panier non pressurisé. C’est l’investissement qui change le plus la qualité en tasse, davantage que la machine elle-même.
La Gaggia Classic E24 convient-elle à un débutant ?
Elle convient à un débutant motivé, pas à un débutant pressé. La gestuelle est simple – remplir, tasser, verrouiller, appuyer – mais la réussite dépend entièrement de la mouture et de la dose. Comptez deux à quatre semaines de tâtonnements avant d’obtenir un résultat régulier. Si vous voulez une courbe d’apprentissage plus douce, une Sage Bambino Plus ou une machine à grains automatique sera plus indulgente. Si vous voulez apprendre le métier, c’est au contraire une excellente école.
Faut-il utiliser le panier pressurisé fourni avec la machine à café Gaggia ?
Non, sauf dépannage ponctuel avec du café pré-moulu. Le panier pressurisé crée une résistance artificielle qui masque les défauts de mouture, mais il limite la clarté aromatique et le contrôle de l’extraction. Dès que vous avez un moulin correct, passez au panier simple paroi de 14 g et gardez le pressurisé au fond d’un tiroir. C’est la première modification gratuite à faire sur votre Gaggia Classic E24, et celle qui améliore le plus le résultat en tasse.
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